La Lumière de l’Homme

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Apprise à la télévision, la philosophie est devenue accessoire de mode, prétentieusement récité pour impressionner, mais réfléchie par une minorité. L’homme socialement correct actuel se doit d’être cultivé, alors il sort, il lit, il débat, il s’informe. Il cite Kent, Marx, Epicure. Mais surtout, il s’en fout. Les informations sont gobées par son fanatisme à la consommation, le savoir a été désarmé pour être gentiment posé sur le buffet.

Parce-qu’ on sait bien qu’on est pris pour des cons, on se rend bien compte de ce truc qui tourne par rond. On est là, bouffé, déprimé, à foncé sans savoir où, insatiable. De quoi ? On ne sait même pas. Dans le fond on est tous paumé, du clochard qui dort dans les rues de Sandaga ou Ponty à la Grande Dame qui se couche dans sa villa privé aux Almadies.
Demandez autour de vous aux gens heureux de lever la main, et vous verrez.

Mais on a apprit à faire mieux qu’ignorer notre mal être, on a appris à vivre avec. C’est quand la survie devient un mode de vie quotidien et général. C’est quand on arrête de se poser des questions, parce-que se trouver face à la vérité nous devient insupportable.
C’est qu’elle fait tâche dans ces intérieurs où le confort concurrence l’esthétisme, chez ces gens où la perfection n’a d’égal que leur hypocrisie, dans ces modes de pensés qui ne savent même plus ce que c’est que la vérité.
La peur domine, la peur de savoir, elle s’infiltre dans la complaisance de l’ignorance –ou de l’indifférence, et devenu force, elle s’est fait maître. Elle l’a toujours été me direz-vous, et c’est vrai ; à la différence qu’avant, l’homme avait peur de la mort, de la souffrance, de l’Enfer. Aujourd’hui il a peur de la solitude.

Diviser pour mieux régner, c’est vieux comme le monde. Et c’est approuvé par tout le monde il semblerait.

Confronté à notre individualisme, on se noie dans notre égocentrisme pour le fuir. On le nourrit, on le protège, on le cajole. On aime alors à condition d’être sûr d’être aimé en retour, on se bat seulement si la victoire est promise et on avance que lorsqu’on est certain d’être suivi. On attend de la vie qu’elle nous dise où aller, et comment. Le pourquoi, on s’en fout. Mais parce-que la vie ne sera jamais un chemin tout tracé, bien dessiné, sur lequel on n’a plus qu’à se poser pour être emporté – pour la plus part d’entre nous – et puisqu’il y a des certitudes qu’on ne pourra jamais obtenir, il nous faut alors parier, et souvent seul. Alors on suit. Parce-que c’est rassurant d’avoir un guide, on avance tout droit, fixé sur le but, sans jamais le quitter des yeux. Sans jamais regarder à côté. Sans se poser de questions. C’est à partir de là que la philosophie suffoque.

A la limite, je n’ai rien contre le fait de suivre, et de marcher seule pour crever seule, mais le tout est encore de savoir qui l’on suit.

 
 

 

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